• Tidak ada hasil yang ditemukan

^ tiing mi di of du ? U et m de est

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2025

Membagikan "^ tiing mi di of du ? U et m de est"

Copied!
8
0
0

Teks penuh

(1)

TAP CHi KHOA HOC BHSP TPHCM »« msv) nam iim

PROFESSIONNALISATION DES ENSEIGNANTS DE FRANCAIS CINQ RHETORIQUES EN QUESTION

MICHEL LE GALL'

RESUME

La professionnalisation de I'enseignement superieur est actuellement I'objet de nouvelles prescriptions institutionnelles mais aussi d'injonctions industrielles m marchandes un peu partout au monde. U Vietrumi et I'enseignement du frangais n'y echappent pas. Que recouvre cet enjeu ? Qu'implique-t-il ? Ne plus se former commt avant mais se conformer darenavant ? Sous la loupe d'une premiire recherche encon modeste, quelques elements de doute qui le contestent.

Mots-cUs: analyse du discours, Asie-Pacifique, Francophonie, Politiques linguistiques, professionnalisation.

ABSTRACT

Professionalization of French teachers: Five rhetorics

Worldwide, professiontdization of higher education seems required within universities and furthermore eagerly-awaited by market places and industry. Vietnam is no exception. Professional development of teachers in french departments, bilingutd schotHs and institutes is tm imporiimt issue nowadays. Do we have to train linguistic students, their future teachers and ourselves a new way from now on? Here are the first results of a new

research They raise severed questions tmd tioubts.

Keywords: discourse analysis, Asia-Pacific, French language, lingtustics, professionalization.

T6MTAT

Chuyen nghifp hda gido viin tieng Phdp: Nim £em diin thuyit Hien nay, mgt so nai trin the giai, vdn di chuyin nghiip hda trong gidng dgy d^

hgc khdng chi dugc di c4p trong cdc quy dinh mdi vi mijlt thi chi mi cdn Id yiu cdu dm cdc ngdnh cong nghiip vd thi Irudng lao dong. 'Viit Nam vd viic gidng dify tiing Phip cUng khdng nim ngodi xti hudng dd. Thdch thtic cho qud trinh chuyen nghiip hda Id ^ I Dugc thtrc hiin trgng dieu kiin ra sao? Phdi chdng cdn thay ddi phuang thtic ddo tgo S phii hgrp theo nhu cdu tuarig lai? Dudi cdi nhin ban ddu cia bdi nghiin aiu cdn khilm tin mgt vdi cdu hdi vd nghi vdn dugc niu ra.

Tit khda: phto tich dien ngdn, Thdi Buih Duong, cgng dong n6i tieng Phip, chtt sach ve ngdn ngft, chuyen nghifp h6a.

" c S ; ' m ^ S ' / « / S ^ ^ r • ' " ' " " ' ''•'^"Ses cultures avec ,a France (IDECAF);

(2)

wi II r\n\jn nvv^ cjnjr i rnv^ivi

Les reflexions qui vont suivre prolongent une recherche menee en equipe au sein le I'lnstimt d'dchanges culturels avec la France (IDECAF) k HO Chi Minh-Ville. Lors I'lme premidre phase d'investigation notre dquipe l(x;ale s'dtait interrogde sur les iignifications puis les orientations que pourrait prendre la professionnalisation i'enseignants associds k un centre culture] et de langue franjaise comme I'lDECAF au /ietaam. Pour tenter de rdpondre k cette question de recherche, I'dquipe s'dtait done lirigde vers une rdflexion socio-didactique et vers deux hypotheses que voici: a court erme, un outil pddagogique tel qu'un nouveau rdfdrentiel de formation pounait se

•dvdler particulidrement utile pour le systeme d'enseignement de cet institut, et a long erme la conception puis la mise en oeuvre d'un dispositif plus large I'accompagnement professionnel, dans la lignde de ce rdfdrentiel, pourrait rdpondre mx besoms de professionnalisation des enseignants en question. Au terme d'tme 3remidre dtape de recherche, la crdation puis I'experimentation d'un premier referentiel le formation k I'lDECAF, tendait effectivement k montrer I'efficacitd d'un tel outil et lone le bienfondd d'une demarche de professionnalisation plus globale. On aurait pu Uors s'en tenir aux strides reponses enregistrees auprds des enseignants dans le manicment, I'apprdciation et I'utilite per?ue du nouvel outil, et ainsi se declarer satisfaits de voir ddji notre premidre hypothese se verifier en tant que chercheurs. Cela lurait ete sans compter les nombreuses remarques spontanees, inattendues et parfois incisives en provenance des enseignants interroges via notre recherche. En marge de notre investigation, tme question resumant toutes les autres semblait tarauder les protagonistes : ce referentiel ne reveierait-il pas egalement des enjeux, des probldmes voire des difficultes de travail debordant le cadre habimel de ce que Ton congoit pedagogiquement k propos d'un tel outil ? Au referentiel, semblait repondre en echo un sxistentiel, Soumettre aux enseignants cette nouvelle grille de lecture, c'etait aussi incidemment leur permettre d'evoquer certaines postures d'enseignement voire mdme des conditions de vie, les leurs, pas toujours confortables, et d'en parler k leur fa9on.

Deux versants d'lme realite prenaient forme en regard : temporalite programmatique et institutionnelle versus precarite contractuelle; terminologie didactique versus foisonnement sociolinguistique; pilotage pedagogique versus ilotage organique;

collectivement, une necessaire convergence des politiques de formation versus, individuellement, une dispersion des prises de parole publiques et leur necessaire prudence, entre autres vis-i-vis. Pour ne pas occulter cette peripheric de recherche soudainement loquace, assez vive, et parfois meme epineuse, notre rapport d'etape (k paraitte) mentionnait d'ailleurs le constat fmal suivant, sans aller plus de I'avant:

«Loin de ne reprdsenter qu'un outil regulateur, k ce stade, im tel rdfdrentiel de formation apparatt aussi comme tm outil revelateur des logiques organisationnelles en leu k I'lDECAF». Nous nous proposons done de repartir de ces logiques organisationnelles englobant celles plus strictement didactiques ou pedagogiques, et de lous mterroger plus antdrieurement encore sur la signification gdnerale et plus

33

(3)

I AK urn rvnun nv»^ i-" '^'

contexmelle au Viemam d'un appel apparemment si unanime k la professionnalisation des enseignants de frangais.

Dans une communication de 2001, Vincent Lang intiwlait son article i ce sujet: « Les rhetoriques de la professionnalisation » [9], semblant suggerer des le titre la prolixitd de trds nombreux discours et points de vue sur ce theme. Son propre recensement qu'il qualifiait lui-mdme de non exhaustif, montrait bien « lipolysimie in tenne professionnalisation et la multiplicitd des enjeux et des mtdrets que diffdrenls sous-groupes professionnels pouvaient defendre: qualitd du savoir-faire ou approfondissement d'un metier, valeur d'dchange et prestige social, mode de transformation de la relation salaride, gestion des ressources humaines et adaptation de I'appareil dducatif aux transformations societales et aux dvolutions du raarchd du travail » [9]...etc. Vincent Lang, en parcourant cette diversitd, y ddcelait meme parfois des antagonismes. Par exemple : le souhait de mieux accompagner des personnes en formation vers des degrds croissants d'autonomie, et la realite des assujettissements auxquels beaucoup d'employes doivent ensuite se contraindre k I'entree de filieres professionnelles parfois tres restrictives en marges de manoeuvre individuelles. II s'interrogeait aussi sur «les illusions qui consistent k surevaluer ou sous-evaluer les changements actuels » [9] dans ces dynamiques de professionnalisation. A I'instar de cette communication, nous nous proposons d'examiner successivement plusieurs de ces dimensions rhetoriques dans le cas plus cibld de I'enseignement du frangais au Viemam, et ainsi discuter la pertinence des rdalitds et arguments actuellement en prdsence.

Rhdtorique du prestige

Sur I'dchelle des reprdsentations, la place de I'enseignant se situe trds haul au Vietnam comme dans la plupart des pays d'influence confucdenne, au-delk meme d'une simple catdgorisation des mdtiers, presqu'au sommet d'une hidrarchie d'ordre i la fois spirituel et social. Si Ton considdre les reprdsentations respectives de I'enseignant et du pdre de famille par exemple, on constate que jusqu'J prdsent <(au Viemam, on reste encore trds souvent convaincu que le maitre est mime superieur m pere (Tlidy han cha) cac, d'apres le contrat social, le maitre ddpasse le pdre d'abord en termes de connaissance, vdritable arme de la socialisation - puis en tenne dthique- daas la visde vere le bien, le bon et le beau » [8], selon Le Huu Khoa, antiiropologue.

Cene nilogie en « b » : du bien, du bon et du beau, serait-elle progressivemenl supplantde en Asie du Sud-est par une nouvelle trilogie en « r » : celle du remune-rateur, du rentable et du relour sur investissement ? Le Huu Khoa nous indique dgalemem que «les Viemamiens congoivent deux cadres d'analyse diffus sur une vie:

/ ecole de la vie (trudng dai) qui se realise dans la route de la vie (dudng dai) » [8]. El i ,-t '" •'"'• '^ ' ^ ^ " ' " ' J ° " " "" ^°'= primordial. Immuablement jusqu'i

(4)

^ n i rsnuA HOC DHSP TPHCM Mickel Le Gall

la vie et des savoir-etre ne devrait pas etre non seulement confortEe mais meme promue en direction d'Echanges plus ecologiques et moins economistes ? La phrase quasi canonique qui Edicte que Ton est desormais mis en demeure de «rEpondre aux exigences du marche du travail » releve de quelle injonction ? De quel marche surtout ? De quelle mise en demeure et done de quelle demeure ou maison (« eco », du grec oikos) parle-t-on ? Celle oil vivent sept milliards d'etres huraains ? Un tel postulat de depart ne devrait-il pas etre interrogE prEalablement a toute autre question au sein d'une communaute de chercheurs et d'Educateurs ?

Rhetorique de Tadaptabilite

Vincent Lang note en effet que pour certains rheteurs critiques: «la professionnalisation d'une part, sous couvert des sciences sociales'et humaines, est une instrumentalisation de la fonction professorale. Elle est d'autre part suspectEe d'un dEficit dEmocratique, masquant des interets corporatistes derri&re une idEologie de I'intEret gEnEral et du bien commun. Elle a en fait pour fmalite I'adaptation de I'appareil Educatif au marchE du travail, qui plus est avec la volontE quasi explicite de detruire les barriferes nationales et d'insErer plus etroitement les appareils scolaires dans les transformations sociales liEes k la mondialisation des Echanges » [9]. A I'Echelie individuelle cependant, la professionnalisation renvoie logiquement a « I'idEe d'un apprentissage et d'un dEveloppement professionnel rEguIier, progressif, interactif tout au long de la vie professionnelle » [9]. Dans son celfebre ouvrage intitule « L'acteur et le systfeme », Michel Crozier allait k I'Epoque dEja plus loin en formulant cette prEdiction : « Domineront ceux des acteurs qui seront capables d'affirmer et d'imposer leur maitrise des incertitudes les plus cruciales » [4]. Au dEtriment de leurs pairs, de renvironnement, voire au dEtriment d'autrui en certaines circonstances, serions-nous tentEs de lui demander aujourd'hui ? Au dEtriment dEji de leur activite premiere en cas d'incertitudes qui les conduiraient k changer de registre ou de secteur professionnel ? Dans ce prolongement et en poussant le raisonnement jusqu'S I'absurde, ne pourrait-on pas finalement se dire que I'adaptation la plus reussie pour un enseignant de frangais au Vietnam, ce serait de decider de ne plus I'etre et se diriger vers une autre activitE moins incertaine : par exemple administrateur dans un centre de langue etrangere (langue au singulier ou language), bureaucrate dans un rectorat provincial, employE dans une organisation intemationale de la francophonie...etc, mais quand-meme pas surveillant dans une Ecole. Si Ton consid&re maintenant des issues moins « fatales » a une carri&re d'enseignanl de franfais, on pourra se demander si I'adaptabilite professionnelle doit proc6der avant tout d'une Evolution intrinseque de chaque individu ou d'une Evolution de son environnement professionnel, voire Evidenunent des deux en interaction constructive ? Individuellement puis coUectivement, comment s'orienter pleinement vers une logique organisationnelle globalement profitable ? « On ne peut s'engager efficacement que si on est libre. Un homme enferme dans ses allEgeances ne peut ,, prendre de risques. II ne pouaa pas se compromettre en affirmant une opinion

35

(5)

I Ah* L/ni p\nurt nvv^ tiriv-ir

heterodoxe. II sera done amene a se limiter et k se proteger. Ces limitations a protections pourront parfois peser siir la vie de I'entreprise, qu'elles tendront en faiti paralyser », selon Michel Crozier [4]. Dans renvironnement immediat de I'enseignai^

il faudra ddja que «les chefs d'etablissement soient conduits eux-memes i de nouveam rapports aux metiers enseignants : ddvelopper une culmre de I'efficacitd, de I'dvolutio^

de rinnovation, dlucider la politique de I'dtablissement, mettre en ddbat les dldmenl!

d'une efliique toumde vers un service public a la fois juste et ddmocratique dans les conditions actaelles de scolarisation », selon Vincent Lang [9]. Sans nous prdoccupB pour I'instant des directions scolaires ou universitaires au Vietnam, et selon ce point dt vue de I'adaptabilite, est-ce que I'acmel enseignant de frangais ne serait pas lui-m6nie assez professionnalise au Viemam ? Au contraire ! Ne serait-ce pas dans chaqnt etablissement scolaire ou universitaire I'enseignant le plus avise, en tous cas le plus clairvoyant sur son milieu de travail car le mieux forme en continu via de si nombreui stages depuis au moins deux decennies de cooperations intemationales, que ce soit en didactique des langues et cultures, en sociolinguistique, puis plus rdcemment en ingdnierie de la formation. Certes, «la luciditd est tm vice qui rend libre dans le ddsert », nous dit Cioran [3]. Parmi les clairvoyances, il en est effectivement de cnielles pour I'enseignant de frangais, comme celles qui le continent dans une adversitd offranl peu de prise, mais il en est aussi de ti'ds belles conune savoir aimer et faire aimer dSji son enseignement, tout simplement, essentiellement.

Rhdtorique de la competence

Dans la constellation de ses nombreuses acceptions, la professionnalisatiliii renvoie particulidrement i «la qualitd du savoir-faire et k I'approfondissement dii mdtier » [9]. Dans un article du magazme « Le courrier du Vietnam » du 29 fdviiei 2016, des reprdsentants ministdriels et leurs partenaires de cooperation s'inquidtaienl des « probldmes posds par le ddclin de la qualitd de I'enseignement du frangais dansll rdgion Asie-Pacifique » [1]. Formuler une inquidtade de cette nature en ces moB, c'dtait accorder un grand crddit au processus d'enseignement en soi et faire peu de cas des contextes et conjoncnires qui le sous-tendent. L'enseignant de frangais, en exutoin facile i pointer du doigt ? A tort. Avec des carridres d'environ 30 ans (quand ils ne perdent pas leur poste faute d'dldves), les professeurs de frangais ont vu leur coips enseignant se renouveler assez progressivemenl ces vingt demidres anndes au Vietnam Comme on I'a mdiqud plus haut, les enseignants les plus anciens ont bdndficid dt formauons de tous types, au plus prds des programmes qu'ils animent mais aussi en rdtlexion plus large sur leur identitd professiomielle, sur la nature meme de leur mddtt.

Ces enseign^ts sdniors om dtd k meme d'accompagner leurs coUdgues novices I 1 entide des etablissements scolaires et universitaires. Les possibilites de fomiatitl contmue se sont meme ddveloppdes ces dix demidres anndes vers ou avec la Belgi?*

(6)

A. -^... ,^Mw« n v u UHtiH TPHCM Michel Le Gall

ecline » en Asie-pacifique et notamment au Vietnam ? Moins competents qu'autrefois

;s enseignants de frangais ? Qu'ils aient moins d'appetence pour leur service, oui, lais moins de competence ? Des deux sufastantifs cousins, I'un renvoie a ce que Ton eut faire valoir en qualitE : la compEtence. et I'autre ce que Ton est conduit k en faire tar goQt, aspiration ou motivation : I'appetence. Et si celle-ci s'est amenuisee ces outes demieres annEes chez nombre d'enseignants, quelles en sont les causes ? Le norcellement de leur environnement educatif ? La lourdeur voire I'opacite de certaines uperstructures institutionnelles ? L'aviditE des ces demieres pour du profit inmiediat ? 'lus gEnEralement, ce serait la faute k qui ? En partie au monde tel qu'il est et devient, :n partie k I'inspiratrice historique : la France, qui ne concourt plus via son image, ses nessages et ses interfaces k Emouvoir ni done a promouvoir 1'extraordinaire aventure le I'altEritE et de I'universalitE. Aux « chevaliers du subjonctif » [10] sont en train de uccEder des boutiquiers frileux, courbEs sur leurs recettes culturelles ou universitaires, loublEs eux-memes par d'autres engeances intemationales plus endemiques pour qui (le monde est plat » [6] done inondable ou corvEable. « Les veritEs nous ne voulons )lus en supporter le poids, ni en etre dupes ou complices, je reve d'un monde ou Ton nourrait pour une virgule », nous disait pourtant Cioran [3]. Posons-nous enfin de /raies questions moins Etroitement didactiques, systEmiques ou meme actuellement )ragmatiques, mais bien fithiques !

Rhetorique du metier

Enfin, la professionnalisation est souvent induite, conditionnee ou meme parfois IrainEe par « I'adaptation de I'appareil Educatif aux evolutions du marche du travail »

;9]. Quelle Etrange contradiction contemporaine que d'entendre si souvent au Vietnam xrtains entrepreneurs rEclamer plus de « soft skills » chez leurs jeunes recmes, et pas le I'unique technicitE (que Ton sait trfes Evolutive dans de si nombreux secteurs Drofessionnels), alors que dans le meme temps de nombreuses filieres universitau-es iont d'ancieiuies filieres linguistiques s'instrumentalisent, elles, en direction de nEtiers. Les mEtiers du tourisme offrent un bon exemple k cet Egard. S'il y a bien une i'raie recherche k mener en matifere de compEtences, ce serait celle qui consisterait k

^?oir comment d'anciens Emdiants fi-ancophones de fili&res pedagogiques ou littEraires

;des plus « classiques »), ont pu mettre k profit leurs acquis universitaires auprfes de :ompagnies de tourisme, en tant que guides, rEceptifs, responsables ou concepteurs de produits touristiques. On serait sans doute positivement Etonne de constater I'adaptabilitE voire meme la plus value qu'offrent ces jeunes recrues initialement « non orofessionnelles » k ce monde intemationalis6 des Echanges qu'est le tourisme. La :entation de transmuer d'anciennes filieres linguistiques en formations profess ionnalisantes, ne serait-ce pas une fausse bonne idee ou du moins une route

^lissante ? La langue en soi ne serait-elle pas dEj& ce fabuleux fii rouge pour la :omprEhension des etres humains dans leurs rapports au monde et aux autres, avant

^gme d'en concevoir des applications marchandes et pour justement pouvoir ensuite

37

(7)

TAP CHi KHOA HOC BHSP TPHCM S611(89) ndm 20h

d'autant mieux les susciter, en toute conscience. Vraies lignes de force sous-jacenle aux filidres pedagogiques, Imguistiques ou littdraffes : I'anfliropologie, la sdmiologii ou la philosophic, allons-nous les brader pour une nouvelle et pseudo «tourismologiei [7] ? Au nom de I'efficacitd (et des asservissements sociodconomiques qui lui sont ttop souvent lids), faut-il sacrifier I'mtelligibilite qui fonde I'universite pour do ndoconditionnements sans doute tres pdrissables ?

Rhetorique du contingentement

Non, une langue n'est pas une contingence parmi d'autres sur une check-list dt fret international ou un curriculum vitae. Ce n'est pas une contingence, c'est un comment, un socle, des gouffires, des lettres mdtamorphiques profonddment enfouies, de hautes lignes de crdte encore inddites. Quelle emprise linguistique un marchi pourra-t-il subordonner ? Avant de marchander ou demarcher, ne faudrait-il pis d'abord marcher (les mots pedagogique et ge'iJestre partagent d'ailleurs la meme racint vagabonde), y inciter done, y conduire, inviter k parcourir une lande ou une langue dt bout en bout ou seulement en longer plus modestement les frontidres naturelles:

discours fleuve, simples noms d'oiseaux frontaliers ou migrateurs, verbes alizfe, avancdes vers la mer, rdcifs, rdcits ou dnoncds. « L'dnoncd a beau n'etre pas cach6, il n'est pas pour autant visible, il ne s'offre pas k la perception comme le portent manifeste de ses limites et de ses caractferes. II faut une certaine conversion du reganl pour pouvoir Ie recormaitre et i'envisager en lui-mdme. Peut-etre est-il ce trop connu qui se ddrobe sans cesse ; peut-etre est-il comme ces transparences familidres qui, pout ne rien receler dans leur dpaisseur, ne sont pas pour autant donndes en toute clartj>, observait Michel Foucault [5]. Quelles autres acuitd et conversion du regard que cells de I'enseignant de langue pour entretenir cette perception et soutenir des excursions transcontinentales et linguistiques d'une piste k I'autre ? Les enseignants de franfaii n'en seraient-ils pas dijk parmi les plus prdcieux caravaniers ? Genius loci genium linguae.

« Pistes pidtindes combien de fois ? Emprcintes de mille pas dispersdes par le vent.

Rassembler dans mes mains la poussidre.

Recomposer ces pas inconnus proches ou lointains. » [2]

« Ai biet dujmg kia dam miy lin?

Gid vira Uidi l?c diu muon chan Lim sao gdp lai nang xem thir Nhihig bu6c vu vo xa lai gin. » [2]

(8)

T..; „, II .^nwA nQt., oHbP TPHCM Michel Le Gall

BIBLIOGRAPHIE

1. Van Anh (2016). U Courrier du Vietnam, http://lecourrier.vn/efforts-conjugues- pour-faire-rayonner-la-langue-francaise/252985.html

2. Cu Huy Can (1994), Maries de la Mer Orientale, Editions Orphde/La Difference.

3. Cioran E.M. (1952), Syllogismes de I'amertume, Folio Essais.

4. Crozier M. (1977), L'acteur et le systeme, Paris, Editions du Seuil.

5. Foucault M. (1969), L'archeologie du savoir. Editions Gallimard.

6. Friedman T. (2005), The world is flat. Ed. Farrar, Straus and Giroux.

7. Hoemer I. M. (2002), Traite de tourismologie, pour une nouvelle science lourisliqiie.

PUP, coll. Emdes.

8. Le Huu Khoa (2009), Anthropologic du Vietnam. L'espace spirituel de la vie.

Editions Les Indes Savantes.

9. Lang V. (2(K)I), Us rhetoriques de la professionnalisation. Recherche et formation n"'38.

10. Orserma E. (2003), Us chevaliers du subjonctif. Editions Stock.

(Regu: 15/8/2018: Revise: 15/10/2018: Accepts: 12/11/2016)

39

Referensi

Dokumen terkait