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OPOLITIQUE D
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UN MONDE QUI CHANGE
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La transformation des relations internationales
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au XX
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opolitique
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«
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classique
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» naît d’une branche
»
des études géographiques au moment où la compétition
pour la possession complète du monde entre
les grandes puissances industrielles est à son comble
Elle est la conscience géographique de l’époque où tout État
continental regrette de ne pas être une île, «
c’est-à-dire de ne pas
bénéficier de limites territoriales incontestables et garantissant
une protection en principe absolue
»
(Philippe Moreau Defarges)En même temps, elle exprime
aussi la convoitise de nouveaux
espaces à conquérir, de
nouvelles frontières à élargir :
la Russie vers le sud et l’est
les États-Unis vers l’ouest
Chaque puissance considère ses propres
frontières comme « sacrées » et « intangibles »
et, en même temps, veut profaner
et (re)toucher les frontières des autres
La production industrielle nécessite de grandes quantités de matières premières :
1) pour produire l’énergie indispensable à l’industrie 2) pour les insérer dans le processus de
transformation qui aboutit au produit fini
La finalité principale de la compétition est la
conquête des sources des matières premières : 1) chaque puissance industrielle occupe et
annexe (colonise) le plus grand nombre de territoires possible, censés lui
rapporter les matières premières dont elle a besoin
Mais aussi
2) pour des raisons géostratégiques (contrôler des voies de communication ; empêcher l’expansion de puissances concurrentes)
3) pour des raisons politiques (accroître son prestige)
L
Toutes les puissances industrielles
s’engagent dans l’expansion
coloniale avec le but
de faire des territoires conquis
leur monopole définitif
Deux difficultés majeures :
1. les besoins en matières premières ne cessent d’augmenter, alors que les
territoires « disponibles » sont limités (voilà pourquoi au moment même où elles verrouillent les frontières de leurs propres
possessions coloniales, les puissances coloniales exigent l’ouverture des frontières des autres) 2. de nouvelles puissances émergent et
s’ajoutent continuellement à la
compétition, finissant tôt ou tard par contester la répartition existante entre les « vieilles »
En tant que « late comers »
sur la scène coloniale,
les puissances émergentes
doivent
soit se contenter
des morceaux délaissés
par les autres
soit occuper des territoires
d’anciennes puissances
sur le déclin
(les États-Unis vs l’Espagne
Le nationalisme et l’expansion coloniale
sont des effets du développement industriel,
mais des effets indirects, secondaires
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effet direct et principal est
effet direct et principal est
la multiplication de capitaux
la multiplication de capitaux
Les capitaux accumulés grâce à la production industrielle sont réinvestis dans un nouveau cycle de valorisation Si ce mouvement n’est pas perpétuellement alimenté,
La production industrielle tend ainsi à remplacer les autres systèmes de
production (artisanat, production familiale, production agricole pour autoconsommation) et devient dominant partout où elle émerge, entraînant tous les autres secteurs d’activité: transport, commerce et agriculture
Elle crée le « marché mondial » et le phénomène de la « mondialisation »
La productivité de l’industrie capitaliste moderne
est de loin plus élevée que celle des systèmes précédents
Braudel parle de « civilisation occidentale » (Europe) presque comme synonyme de « civilisation industrielle »:
« Il n’y aura bientôt plus un seul point au monde que la
civilisation industrielle, issue d’Europe, n’aura ‘contaminé’ »
Causes :
1. la
forte productivité
de l’industrie
moderne
2. la
diminution des coûts de
transport
d’environ 10%
(grâce aux
chemins de fer, à la navigation à vapeur, à
l’ouverture des canaux de Suez et de
Panamá et à la télégraphie)
3. la
réduction des barrières tarifaires
4. l’
augmentation du nombre des
grands compétiteurs
internationaux
(les États, mais aussi
les entreprises, les banques, les
assurances, etc.)
Les exportations doublent
(elles atteignent environ 8 % du produit mondial brut)
Environ 10 % de la population mondiale est impliquée
dans des mouvements migratoires
(60 millions de personnes de l’Europe vers l’Amérique du Nord
et l’Australie, et autant de la Chine et de l’Inde)
Les investissements de capitaux à l’étranger passent
de 9 % du revenu national à 32 % La croissance mondiale passe d’un taux annuel de 0,5 % à 1,3 %
Le commerce mondial atteint un rythme annuel de 3,4 %
Phase de profondes transformations :
accélération de la production industrielle
multiplication de capitaux
intensification de l’expansion coloniale
élargissement des échanges
consolidation de l’État-nation
exaspération du nationalisme
émergence de nouvelles puissances
Ces transformations vont doublement
affecter les relations internationales :
immédiatement, avec la guerre de 1914
durablement, car elles marquent le début d’une
nouvelle phase des relations internationales,
qualitativement différente de la précédente :
la phase de l
Une précision terminologique s’impose
La définition du mot « impérialisme » des dictionnaires (utilisée couramment), et celle dont on se sert pour définir le contexte des relations internationales à partir des dernières décennies du XIXe siècle ne correspondent pas
Dans l’usage commun, les deux termes sont presque interchangeables En réalité,
le colonialismecolonialisme se fonde sur une relation de dépendance directe, de
contrôle politique, militaire et économique exclusif,
monopoliste, de la colonie par la puissance coloniale (la métropole)
l’impéimpérialismerialisme se fonde sur une relation de nature
essentiellement économique, de valorisation des capitaux de la puissance impérialiste dans d’autres pays (aussi bien développés qu’en voie de développement)
Le colonialisme et l’impérialisme – tout en étant deux phénomènes distincts – ont coexisté pendant quelques décennies, mais la tendance
« Impérialisme » : transformation qualitative du capitalisme à un certain stade de son développement
John Atkinson Hobson (Imperalism. A Study, 1902)
L’impérialisme se caractérise essentiellement par l’investissement de capitaux à l’étranger
Les produits industriels et les capitaux accumulés excèdent les capacités d’investissement
et de consommation dans la métropole
Ils doivent être exportés pour éviter une crise de surproduction (offre excédant de loin la demande et chute des prix)
Lénine (1916) :
ces capitaux ne sont pas allés en majorité vers les colonies Les capitaux sont toujours attirés vers les investissements
qui promettent les profits les plus élevés C’est rarement le cas des colonies
Cela
ne signifie pas
que les puissances coloniales étaient
prêtes à se séparer de leurs colonies
Pourtant, c’est ce qui va se passer
quelques décennies à peine plus tard,
quand les grandes puissances
(à l’exception des États-Unis)
ont été forcées d’abandonner leurs colonies
Comment peut-on
alors expliquer que
des peuples
beaucoup plus
faibles
économiquement,
politiquement et
militairement,
aient réussi à
imposer la fin des
Les
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tapes de la d
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colonisation
colonisation
Les investissements dans les colonies créent des activités économiques locales
Certaines responsabilités sont déléguées à des autochtones (ce qui
nécessite un système d’éducation et de formation technique)
Avec le temps, fonctionnaires, commerçants et entrepreneurs locaux
commencent à avoir leurs propres intérêts
Par exemple, le besoin d’abandonner le monopole imposé par la
métropole et diversifier les sources et les destinations afin de baisser les coûts
La métropole voulant garder le monopole, les besoins des uns et des autres
entrent en conflit
L’intelligentsia locale façonne des revendications « nationales »
Des « mouvements de libération » naissent et sont réprimés
La répression alimente la politisation
Les
Les
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tapes de la d
tapes de la d
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colonisation
colonisation
(résumé)
Les investissements dans les colonies créent des activités
économiques locales
Naissance d’une bourgeoisie locale
Nécessité de cette dernière de diversifier ses partenaires Opposition de la métropole et naissance d’un conflit
Naissance de « revendications « nationales » Politisation des « mouvements de libération » Intervention des puissances rivales
Waves of colonization and decolonization (David Henige, Colonial Governors: From the Fifteenth Century to the Present.
Madison,1970).
Les mouvements de libération ont toujours trouvé
des oreilles attentives auprès des grandes puissances
les Anglais et les Russes soutenant les Grecs en 1821-1827
les Russes (puis les Français) soutenant les Serbes, les Bulgares et les
Roumains dans la seconde moitié du XIXe siècle
les Américains soutenant les Cubains en 1898
les Italiens et les Autrichiens soutenant les Albanais en 1912
les Anglais et les Français soutenant les Arabes pendant la Première Guerre mondiale
les Allemands soutenant ces mêmes Arabes pendant la 2GM
les Japonais soutenant les Indiens, les Indochinois, les Indonésien et les
Philippins durant la 2GM
les Américains et les Russes soutenant les Indonésiens en 1945, les
Égyptiens en 1956, les Algériens en 1954-1962 et les Congolais en 1960
les Russes soutenant les Cubains en 1962
les Russes, les Chinois et les Français soutenant les Vietnamiens dans les années soixante
vs
French area of interest South African area of interest Indian area of interest
The New Scramble for Africa
La fin des empires
La fin des empires
coloniaux n
coloniaux n
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a pas affaibli
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l
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imp
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rialisme
rialisme
L’indépendance des colonies a aiguisé la concurrence dans les marchés de capitaux,
de marchandises et de matières premières
Toutes les grandes puissances
voudraient garder un contrôle absolu des sources de matières premières et des marchés de destination
Mais cela est à la longue incompatible avec les dynamiques de la libre
concurrence
Japan Germany
Saudi Arabia
Règle générale : les capitaux investis dans
le but de renforcer le contrôle sur un pays
finissent, tôt ou tard, par avoir le résultat opposé
Ceci n’est pas seulement vrai pour le colonialisme, mais pour l’impérialisme aussi
Les capitaux investis au Japon et en Allemagne à la fin de la 2GM ont contribué
à faire de ces deux pays la 2ème et la 3ème puissance mondiale, provoquant – à long terme –
la fin du partage de Yalta
Les investissements en Asie
ont contribué à faire naître
les « Tigres asiatiques » dans les années 1970
et alimenté le développement intensif de Chine et Inde
Exemple : le secteur automobile
Financial Times
: en 2013, la Chine
aurait dépassé la production
automobile de l’Europe, de la Russie et
de la Turquie additionnées, avec 19,6
millions de véhicules, contre 18,3
L’UE ne représente plus qu’un
cinquième de la production
mondiale, la moitié par rapport
aux années 1970
La Chine serait à 23,8 % de la
production mondiale,
dix fois sa part en l’an 2000
Cette croissance est due
en premier lieu aux
investissements extérieurs
La Chine premier marché de PSAL’affirmation de l’impérialisme
a drastiquement réduit l’importance de l’espace :
il a déplacé la compétition internationale de la lutte pour la
conquête de territoires à la lutte pour la conquête de marchés
il a drastiquement réduit l’importance de l’État-nation comme gardien de dernière instance de l’espace
L’élargissement des activités financières et des échanges commerciaux multiplient les occasions
d’interférence réciproque et mettent à rude épreuve l’étanchéité des États souverains
La première organisation « post-nationale »,